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ECRITS
par Joël Lecussan, concepteur du projet
«Depuis 4 ans, Mix’Art Myrys propose sur le territoire de la Communauté Urbaine du Grand Toulouse
ses Rencontres Fortuites, une tentative d’appréhender autrement
la relation artistes-œuvre-population-territoire. (...) »
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par Loran Chourrau, réalisateur
«Aller sur le terrain, parler du bonheur avec les gens n’est pas quelque chose d’anodin. C’est même
plutôt bouleversant (...) »
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par Sofi Cardin, plasticienne scénographe
«L’intention avec cette installation c’est d’occuper des espaces publics pour interpeller les passants...»
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par Jean-Manuel Escarnot, Libé toulouse
«“Les nouvelles écritures du réel”: sous cette appellation, des créateurs issus du théâtre, de la danse, de l’image,
de la vidéo et du cinéma fouillent la vie de tous les jours à l’affut de gestes, paroles, coups de gueules et autres
dérapages quotidiens pour en faire émerger les histoires et les émotions qui nous gouvernent (...) »
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ACTUS
RENCONTRES FORTUITES (mars - octobre 2011)
4 villes, 4 films réalisés, 117 personnes rencontrées, 117 visions du bonheur, des illusions...
65 silhouettes installées, déplacées... quelques disparitions...
2 concerts, 1 spectacle...
Que de belles rencontres et bons moments en 2011...
Merci à tous!
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ECRITS
par Joël Lécussan, concepteur du projet
Depuis 4 ans, Mix’Art Myrys propose sur le territoire de la Communauté Urbaine du Grand Toulouse ses Rencontres Fortuites, une tentative d’appréhender autrement la relation artistes-œuvre-population-territoire. Cette année, Mix’Art Myrys s’est approprié la question du bonheur entre illusion, rêve ou réalité. Ce projet artistique, associant étroitement des habitants autour de témoignages, de ce que certains nomment désormais les écritures du réel, s’est développé sur les villes de Blagnac, Fenouillet, et viendra investir la ville de Ramonville en amont et pendant le festival. Il donne lieu alors à une installation plastique, à la projection d’un film, du débat, des rencontres, du temps enfin à prendre, à reprendre.
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ECRITS
par Loran Chourrau, réalisateur
Aller sur le terrain, parler du bonheur avec les gens n'est pas quelque chose d'anodin. C'est même plutôt bouleversant. En basant une rencontre sur le thème universel et vaste du bonheur on part forcément du bon pied. Les discussions, car il s'agit plus de discussions que d'interviews, s'engouffrent à toute vitesse dans l'intime, le bonheur est étroitement lié au réel. De nos jours le bonheur ne se verbalise pas dans des rêves fous, absolus mais à travers des petites choses, du concret et des valeurs humanistes (solidarité, partage, écoute). Être heureux n'est pas un concept, c'est une état très concret, une lutte.
Ici l'art n'est pas dans l'esbroufe, il se doit d'intégrer avant tout la réalité, de rester au premier degré. Il doit valoriser, mettre en relief. L'art est dans la rencontre, l'envie de s'oublier, de se poser et réfléchir, d'affirmer, de s'affirmer.
Au montage des images, à moi de ne pas dénaturer ou trop sublimer une parole. A moi de choisir librement ce qui m'intéresse dans les heures d'interviews recueillies, de donner un ton, de faire coïncider ou se confronter des opinions. Car si au départ ces rencontres sont fortuites, au final l'aléatoire n'a plus droit de citer.
La restitution se fait avec l'installation envahissante des silhouettes heureuses et figées de Sofi Cardin. Les spectateurs, acteurs, se retrouvent ensemble pour se découvrir et découvrir leurs mots dans une ambiance à la fois froide (installation plastique) et chaleureuse (repas, apéro..). La surprise, l'étonnement sont alors au rendez-vous. Et au final l'humain l'emporte, l'émotion est présente..
L'enjeu est donc là : remettre l'humain au centre de tout.
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ECRITS
par Sofi Cardin, plasticienne scénographe
L’intention avec cette installation c’est d’occuper des espaces publics pour interpeller les passants.
Ces personnages qui constituent les ‘silhouettes’ sont issus des banques de données d’architectes pour des grands projets d’urbanisme dont l'esthétique renvoie à quelque chose de presque trop propre, comme utopique.
Il y a deux temps dans mon travail : je prends d’abord en photo différents points de vue du site afin d’imaginer la contextualisation des figures et de continuer à faire écho aux images plates des cabinets d’architectes inscrites dans de vastes perspectives. Ainsi je décontextualise ce que l’on veut nous "vendre" comme du bonheur, d’autant qu’au moment de la prise des clichés j’analyse le mouvement des gens dans leurs espaces de vie publics.
Il se crée un trouble. Les silhouettes peuvent donner l’impression d’être des passants ordinaires et cela provoque pas mal de réactions. En ce sens les gens ont tendance à se les approprier, et par là elles prennent leur caractère propre et une dimension vivante.
D’ailleurs, dans une installation précédente à Blagnac, des jeunes s’en sont pris à elles, peut être pour exprimer une certaine forme de détresse... En revanche, à Fenouillet, l’installation a été bien accueillie. Mais pour moi cela fonctionne à partir du moment où il y a une réaction, quelle qu’elle soit.
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ECRITS
par Jean-Manuel ESCARNOT, Libé toulouse
“Les nouvelles écritures du réel”: sous cette appellation, des créateurs issus du théâtre, de la danse, de l’image, de la vidéo et du cinéma fouillent la vie de tous les jours à l’affut de gestes, paroles, coups de gueules et autres dérapages quotidiens pour en faire émerger les histoires et les émotions qui nous gouvernent. Amour, tristesse, désirs, regard sur soi, effets miroirs, mémoires, errances…
Au petit bonheur la chance, ces ethno-artistes mettent en scène leur immersion in situ dans les jungles humaines que sont les quartiers populaires, hautes sphères, favelas tropicales, villes et campagnes. D’où ils extraient comme une chasse au trésor une hypothétique essence de l’art.
Restitués sous formes d'installations, de pièces, de films, d'ateliers et autres performances, les résultats de ces explorations dans lesquels la part de réel se mêle à la fiction, réservent parfois de belles surprises. Comme ces "Rencontres fortuites” proposées jusqu’en octobre 2011 par Joël Lecussan, directeur artisitique et Mix arts Myrys dans le cadre du Festival de Rue de Ramonville.
Après une première installation à Fenouillet sur le thème de l'illusion, Sophie Cardin, scénographe plasticienne dispersera à nouveau ses silhouettes grandeur nature de passants ordinaires tirés de la panoplie des urbanistes dans les rues de Ramonville les 10 et 11 septembre prochain. A son côté, le vidéaste Loran Chourrau enregistrera les réactions et témoignages des habitants.
L’art au coin de la cité, les nouveaux voisins, l’illusion du bonheur. Lire l'interview de Sofi Cardin et Loran Chourrau
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INTERVIEW
Libe Toulouse : Quelles sont vos intentions avec cette installation ?
Sophie Cardin : L’idée c’est d’occuper des espaces désertiques publics pour interpeller les passants. De voir à quoi les renvoie cette présence de personnages presque trop propres et heureux.
Avant d’installer mes figures, je travaille sur plusieurs points de vue. J’essaye de comprendre le mouvement des gens dans ces espaces publics. D’où l’importance de l’observation.
Libe Toulouse : Comment les habitants réagissent à la vue des silhouettes ?
Sophie Cardin : Il se crée un trouble. Elles donnent l’impression d’être des passants ordinaires : il y a forcément un aspect vivant dans le sens où les gens se les approprient. Ces silhouettes mortes deviennent alors des silhouettes vivantes. Selon les endroits où elles sont installées elles peuvent devenir des punching-ball comme lors d’une installation précédente à Blagnac où des jeunes s’en sont pris à elles peut-être en réaction à ces images trop lisses, trop heureuses. Ce n’a pas été le cas à Fenouillet où cette installation a certes fait débat mais a été bien accueillie. Ce dispositif fonctionne à partir du moment où il y a une réaction bonne ou mauvaise et où l’on en fait quelque chose.
Libe Toulouse :Comment-vous immergez-vous au sein de la population ?
Loran Chourrau : D’abord nous rencontrons les services de la ville. Ensuite vient le choix du quartier, la recherche d'associations relais ou d'experts du quotidien puis les repérages et les premières rencontres informelles avec les habitants. Durant près d’un mois nous réalisons des interviews filmées. Cela nous permet de trouver un ancrage dans le quartier afin de créer un lien de confiance avec la population.
Voilà pour le principe de base. Nous savons comment on part, on ne sait jamais où l’on va arriver. Ça touche à l’intime. Nous faisons cependant attention à ne pas mélanger les rôles. Nous ne sommes pas des animateurs. Pour les habitants, nous sommes des artistes. Nous sommes là pour libérer une parole, pour leur permettre d’aller plus loin. De se surprendre à prendre le temps de réfléchir.
Libe Toulouse : En quoi ces rencontres fortuites nourrissent-elles votre travail artistique ?
Loran Chourrau : Elles me relient avec le réel.
Sophie Cardin : Moi aussi. La plupart du temps je travaille seule dans mon atelier. Travailler sur la valorisation des personnes c’est puissant. On comprend ce qu’on fait. C’est simple et efficace.