Le projet

Ce que je suis, ce que j’aimerais être, ce que j’aurais aimé être est une réflexion sur la représentation que l’on a de soi, celle qu’on aimerait donner à voir. Le projet montre sur une photographie deux visions différentes d’une personne, d’un couple : une au réel, dans un environnement quotidien. Une autre mise en scène, où les modèles jouent des personnages qu’ils ont choisis.

Nous sommes partis du constat que de plus en plus de populations sont représentées de manière simpliste, stigmatisante. Il s’agit d’aller contre l’idée qu’une personne se résume à la première chose que l’on perçoit d’elle ou que l’on croit connaitre d’elle par des clichés, réputation… Des éléments largement véhiculés par les médias. Ici nous avons travaillé avec des personnes âgées, des adolescents et des enfants appartenant à la communauté des gens du voyage.

L’envie est de créer des espaces de création libre où les gens peuvent maîtriser leur image, montrer d’eux ce qu’ils désirent. Les photographies se font sur la base du volontariat, les personnages sont choisis par les participants. Notre rôle est celui du révélateur. Nous sommes désireux de valoriser des moments du quotidien et d’offrir un cadre professionnel où les personnes pourront exprimer tout leur fantasmes. Ces moments de prise de vue sont avant tout de grands moments de rencontre et partage. En mixant réel et fictionnel nous ouvrons la porte de l’intime à travers le jeu et c’est ainsi qu’une relation très particulière se créé avec les modèles.

Au final la volonté est que l’on ne se pose plus aucune question sur telle ou telle caractéristique et se rende compte que peu importe l’âge, les origines… nous avons tous les mêmes désirs, peu de choses nous différencient des uns des autres. Dans tous les cas, ces particularités visibles et stigmatisantes sont loin de constituer notre être.

Pour que le projet se réalise il est indispensable d’avoir des relais sur le terrain : responsables culturels, animateurs et travailleurs sociaux, structure institutionnelle, élus… Ils sont là pour accompagner le projet, donner un cadre officiel de travail, et ainsi nous permettre d’établir rapidement une relation de confiance.

En conclusion nous pouvons dire que nous travaillons avec des personnes, des personnalités. Âgées? Des gens du voyage? Des adolescents? On avait déjà oublié…

Loran Chourrau, directeur artistique du projet
Erik Damiano, photographe